4 novembre 2015, à Grenoble, parcours à travers des vestiges immobiliers de la ganterie

Sous la conduite d’Yves Jocteur-Montrozier, 18 participants parcourent les rues des quartiers Championnet, Aigle et Berriat, à Grenoble, à la découverte de vestiges immobiliers de la ganterie.

La ganterie, active dans la région depuis des siècles, devient une industrie à la fin du XVIIIe siècle ; elle connait près de cent ans d’âge d’or entre 1850-1950 et une renommée
internationale. A Grenoble, les gantiers d’abord installés dans le quartier Saint Laurent et au centre de la ville ancienne, investissent progressivement les quartiers nés de l’extension de la ville : la Mutualité, rue Lesdiguières, l’Aigle, jusqu’à la rue Nicolas Chorier, la place Saint Bruno, le cours Berriat etc…Le patrimoine urbain qu’ils constituent reflète l’évolution de leur industrie et aussi celle des techniques de construction ; il ne donne pourtant pas toute la mesure de l’industrie gantière de l’époque dont une partie de la production provenait du travail à domicile.

Le début du périple commence dans le quartier actuellement situé entre le Cours Jean Jaurès et la caserne de Bonne. Là, des immeubles bourgeois à caractère anonyme construits au début du XXe abritaient alors de petits ateliers. On les repère à leurs grandes fenêtres qui éclairaient le travail des ouvrières, à leur grande porte, souvent ornée d’un emblème Ganterie_rue Augereau_bd. Parfois, la porte donne sur une cour intérieure qui révèle les ailes du bâtiment ; c’est le cas de la ganterie Alexandrine.
Au passage, l’Hôtel particulier de la famille Perrin, à l’angle des rues Turenne et Allard, fait admirer son style Belle époque et ses moulures en ciment moulé.

Gagnons la zone située à l’Ouest du Cours Jean Jaurès pour y découvrir les vestiges de grandes manufactures implantées à partir du tournant du XXe siècle. Pour certaines, leurs ateliers couvraient de vastes espaces ; aujourd’hui, elles se repèrent par leur siège administratif, devenu immeuble d’habitation – tel celui de la ganterie Perrin – ou par la haute cheminée, judicieusement conservée, de la ganterie Terray. D’autres manufactures se cachaient dans de vastes bâtiments dont l’architecture de prestige signe la notoriété de la maison : Fischl, Vallier… Ganterie Fischl_bd Ganterie Perrin-ASP2G Ganterie Vallier_bd et qui sont maintenant divisés en appartements individuels. Les rues qui les entourent portent le nom de villes – New-York, Boston, Londres, Paris… – où ces ganteries avaient des magasins. Le style art déco de plusieurs des petits immeubles qui les bordent attire l’œil du passant mais sait-il que ces habitations furent construites pour héberger des familles du personnel de ces gantiers ?

Vous qui passiez sans le voir, vous avez ainsi découvert un patrimoine remarquable par son esthétique et par l’histoire industrielle qu’il illustre. Un patrimoine bien mis en valeur par l’Association de Sauvegarde et de Promotion du Gant de Grenoble.

Le 15 octobre 2015 : parcours en Pays d’Allevard

Attirés par l’histoire industrielle du Pays d’Allevard, une vingtaine d’Aphidiens ont participé à la visite des anciens sites industriels de St Pierre d’Allevard et d’Allevard sous la conduite de Dominique Voisenon, Président des Amis du musée d’Allevard et de son collègue Jean Pierre Macian. La visite, commentée en détail, a illustré, pour les participants qui connaissaient l’histoire du Pays d’Allevard – ou appris, à ceux qui la découvraient – le passé industriel de ce secteur de Belledonne.
Ce passé, le pays le doit aux activités métallurgiques alimentées par son riche minerai de fer exploité depuis le XIIe siècle grâce au bois des forêts voisines, à l’énergie de ses torrents et à un savoir-faire acquis peu à peu. Les vestiges qui le concrétisent datent essentiellement des fabrications d’aciers et d’aimants exploitées à partir du XIXe siècle.

Champ Sappey, à St Pierre d’Allevard :
Le circuit commence au pied des vestiges du plan incliné qui amenait le minerai jusqu’aux fours à griller  ; il se poursuit devant l’unique exemplaire de ces fours, bien restauré par l’association locale. Là, nous imaginons comment le minerai, une sidérite, se transformait en oxyde, puis partait par le « Tacot », soit vers les Forges d’Allevard, soit vers Le Cheylas, d’où il était acheminé jusqu’au Creusot. Le Tacot était la ligne de chemin de fer aménagée en 1874 par la société Schneider du Creusot.
Le circuit surplombe les bâtiments construits au début des années 1960 pour la fabrication d’aimants exploitée successivement par Allevard-Ugine puis Ugimag. Ces locaux succédaient à ceux établis dès 1902 par les Forges d’Allevard. Aujourd’hui ils abritent les productions d’Euromag. Après avoir longé les maisons construites pour les familles ouvrières, nous prenons la route jusqu’à Allevard.

Allevard : le déjeuner dans un restaurant du parc des Thermes nous réconforte et rappelle l’autre spécialité allevardine, toujours activement exploitée : les eaux thermales.
Vers l’usine de la Gorge : peu de traces des installations qui ont fabriqué fonte et aciers depuis des siècles le long de la vallée du Bréda. Mais en longeant le viaduc du chemin de fer (photo), mais le commentaire détaille l’histoire de cette métallurgie pratiquée par 3 générations de Barral, puis par les sociétés Charrière, Hauts Fourneaux et Forges d’Allevard, laquelle s’alliera successivement à plusieurs groupes dont Wheelabrator qui fermera le site en 1975.

Le Musée, installé dans l’ancien siège des Forges et face à l’imposante maison patronale, est la dernière étape de la visite. Parmi ses expositions permanentes, l’une illustre l’histoire de la métallurgie locale. Certains des documents et objets exposés évoquent la renommée des aciers et des pièces produites qui ont équipé des locomotives, navires de guerre, avant d’être spécialisés dans les lames de ressorts.

 

St Pierre Allevard

 

Le pied de la descenderie

Allevard

La voie du Tacot à Allevard

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