18 octobre 2018, visite commentée de la distillerie Charles Meunier & Succeseurs

Distillerie Charles Meunier & Successeurs.
Visite des lieux de production par la gérante, et Éric, distillateur de métier,
racontée par Aurélie, nouvelle Aphidienne qui a suivi la visite.

L’art délicat de la distillation résulte de principes scientifiques au départ. Cependant, il met à l’épreuve bien d’autres aptitudes. Car la distillation est résolument un métier d’artisan : le distillateur doit savoir user de tous ses sens, bien plus que de principes théoriques.

D’abord, l’arôme des plantes.
Le premier des sens sollicité lors de la visite est l’odorat. Nous pouvons dès l’entrée sentir le délicat parfum de plantes remué par les distillateurs. Puis nous entrevoyons quelques aspects du monde secret des plantes qui donnent leur arome aux liqueurs de Meunier
Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799), né et mort à Conches, près de Genève, est un physicien, géologue et naturaliste genevois considéré comme l’un des fondateurs de l’alpinisme. Ses recherches eurent notamment pour cadre les Alpes, et plus particulièrement le massif du Mont-Blanc. Il est au plus près des plantes et des montagnes, en particulier des plants de génépi.
Le terme génépi désigne différentes espèces d’armoises du genre Artemisia (famille des Astéracées) que l’on rencontre exclusivement en montagne (mais qui compte aussi des espèces de plaine, en particulier l’absinthe). La plante pousse dans les Alpes et dans la cordillère des Andes (en particulier dans des massifs de Bolivie), sur les moraines et autres monticules de pierres, entre 2 500 et 3 200 mètres d’altitude.
Le terme désigne aussi la liqueur obtenue par macération alcoolique des parties aériennes de la plante.

De nos jours la distillerie Meunier fait appel à une herboristerie qui prépare les plantes pour ses différentes recettes et les livre prêtes à l’emploi à la distillerie. Les plantes sélectionnées sont celles qui sont le plus parfumées, qui viennent de l’Europe et d’Afrique du Nord.

Puis, la place de Meunier dans l’histoire des spiritueux dauphinois.
En 1809, quand le liquoriste Meunier s’installe, le Dauphiné est terroir des distilleries. Barthélémy Rocher fabrique des eaux-de-vie et liqueurs de fruits à La Côte-Saint-André (Isère) depuis 1705. Mathieu Teisseire élabore divers sirops et liqueurs à Grenoble depuis 1720, en particulier son fameux Ratafia de cerise. Cette liqueur, spécialité dauphinoise, tire son nom de la cerise ratafia, essentiellement produite autour de Saint-Hilaire-du-Rosier de la taille d’une griotte, de couleur noire, ronde et fruitée, aux arômes fins et prononcés. Dans sa pharmacie, le monastère de la Grande-Chartreuse près de Grenoble, produit l’Élixir Végétal de la Grande Chartreuse très renommé ; sa recette originale nécessite 130 plantes et titre 69° d’alcool. Claude Brun a inventé le China-China (1808) puis fondé la distillerie Brun-Pérod Cie en 1817, à Voiron.

La distillerie créée par Charles Meunier à Voiron se spécialise dans la distillation de plantes et notamment du Génépi. Elle déménage en 1984 à La Buisse (Pays Voironnais), puis en 1991 à Saint-Quentin-Sur-Isère, au pied du Vercors.

L’histoire de la distillerie, c’est aussi la grande saga des Meunier
Charles, le fondateur
Entre la date la naissance de la distillerie et 1821, Charles Meunier met au point un assemblage d’esprit de plantes dont l’élément principal est le génépi, et parvient à fixer les formules originales de la liqueur basée sur l’Artemisia Mutellina qui est très parfumée. Ses 4 premiers produits sont au-delà de 55°-65° d’alcool, aujourd’hui interdits à la vente.

Jeanne, épouse et successeur
En 1810, Charles MEUNIER épouse Jeanne-Amable Toscan du Plantier qui jouera un rôle déterminant dans la mise au point des liqueurs et le développement de la distillerie. Elle fut la talentueuse interprète de 3 grandes liqueurs dauphinoises – China-China, liqueur d’oranges amères, Ratafia, liqueur de cerises, Grand Olan, liqueur de 23 plantes – auxquelles elle ajoutât sa touche personnelle et pour féminiser ces produits elle sucre et baisse le degré d’alcool. Lorsque la communauté des Chartreux est dispersée par les événements politiques, Jeanne-Amable Toscan du Plantier héberge quelques-uns des moines qui lui donnent une de leur recette. Il s’ensuit un long contentieux, et la distillerie Meunier modifiera sa recette pour permettre aux 2 produits d’exister simultanément.
Charles et Jeanne eurent 10 enfants, les fils travaillant à la distillerie, les filles à la vente dans les boutiques. A la mort de Charles, l’entreprise devient A. MEUNIER mère & Fils.
Puis Henri MEUNIER Fils à partir de 1880.
Henri, petit-fils de Charles, fut l’initiateur de nouveaux procédés et standards de qualité. Il fait des recherches sur l’infusion et étend la gamme de produits qui sont régulièrement primés depuis, notamment aux expositions universelles de Paris en 1886, ou encore à Bruxelles ou à Melbourne.
Henri MEUNIER Fils revend la distillerie à la famille Barbe peu avant son décès, famille qui n’a aucun lien avec la famille Meunier, et qui n’en n’est plus propriétaire depuis 1975.

La salle des plantes
Les sens sollicités lors de la suite de cette visite sont la vue puis le toucher. Sentir les plantes de Verveine, Hysope, Sarriette, Romarin, dans de grands sacs, les frotter rapidement et fort entre les paumes des mains jusqu’à ce qu’un délicat parfum fleuri s’exhale de la plante.
Le génépi utilisé dans la distillerie Meunier vient des Alpes Italiennes ; en France il est interdit aux particuliers d’en cueillir plus que 4 grammes par jour par personne.

Ces plantes sont mises à macérer ou à infuser dans de l’alcool pour lui communiquer son arôme. Meunier prépare 90% des produits à partir d’alcool neutre obtenu par fermentation du jus de betterave ou de substrats betteraviers. Rarement, la distillerie utilise l’alcool de Grains, qui donne du gras et augmente la longueur en bouche. Il est produit par Tereos, groupe coopératif sucrier français de dimension internationale (siège administratif au 11 Rue Pasteur, 02390 Origny-Sainte-Benoite).

L’Alambic STUPFLER et la distillation (latin distillare= »tomber goutte à goutte ») dans l’alambic (de l’arabe al-ambic= »vase à distiller ») :
L’appareil se compose du chaudron, de la colonne de rectification et du condensateur contenant le serpentin. Les éléments sont en cuivre, métal bon conducteur de la chaleur qui permet d’éliminer certains composés sulfureux, sous-produits de la distillation. Ses propriétés sont utilisées au mieux par la forme des éléments qui maximise son contact avec le distillat.
C’est le chaudronnier Jean-Louis Stupfler (114-116 Avenue Alexis Capelle, 33130 Bègles) qui l’a fabriqué en 1991, dans la région de Bordeaux, sur commande de la distillerie Meunier (17 à 24 mois d’attente). Il est le directeur d’ALAMBICS STUPFLER®, compagnie fondée en 1925 par son grand-père, spécialisée dans les alambics de très haut de gamme. Jean-Louis Stupfler a fait évoluer le traditionnel alambic charentais en le dotant d’une colonne de rectification munie de plateaux constitués de paniers finement alvéolés. Elle permet de distiller rapidement, d’extraire tous les alcools de cœur (70 à 90 %) et des alcools plus ronds, de meilleure qualité, ne nécessitant pas ou peu de vieillissement. On peut contrôler la chaleur par la quantité d’eau admise dans la colonne et créer ainsi, une multitude de plateaux virtuels.
Éric nous explique que le nettoyage se fait par renversement et qu’il faut ouvrir les vannes aux moments adéquats car l’alambic implose s’il y a trop de pression dans la colonne de rectification.

La distillation
La distillation sépare l’alcool éthylique de l’eau par chauffage entre les températures d’ébullition de l’alcool (78,5° C) et de l’eau (100° C).
Au départ le moût – suc des végétaux obtenu par pressurage de macération ou infusion de végétaux ou bien d’extraits de végétaux, destiné à la fermentation alcoolique – est mis à bouillir dans le chaudron coiffé d’un tuyau qui se termine dans un condensateur. La vapeur, plus riche en alcool, plus volatil, monte dans le condenseur où elle se concentre pour donner un distillat – alcoolat, dans le cas des liqueurs – titrant aux alentours de 70% à 80%. L’opération dure 7 à 10 heures. 100 litres d’alcool pur, utilisé pour préparer le moût, donnent 85 à 90 litres de produit fini après distillation.

Stockage, filtration, mise en bouteille dans la chaine de production.
Après distillation, la liqueur est élaborée par assemblage d’alcoolats, de macérations et de sucre (Sucre Semoule Tamisé « à pâtisser » de la marque « CristalCo PRO*** », haut de gamme de la qualité N°2 définie par la réglementation de l’Union Européenne. Il est, grâce à sa grande régularité et sa finesse, le produit utilisé traditionnellement par les artisans et industriels. Cristalco l’extrait de végétaux divers : betteraves, sucre de canne et édulcorants d’origine naturelle).

La liqueur est ensuite stockée en futs, où elle vieillit de 1 à 15 ans : Génépi Cognac, Génépi Hors d’Âge, Génépi Sec, Eau de Noix, Bicentenaire, etc.
Les fûts d’une contenance de 250 et 300 Litres, sont en bois, ici en chêne américain, ce qui apporte un côté douceur dans le produit fini. Les uns sont fabriqués par la Tonnellerie Magreñan. (Tonelería Magreñan, S.L.U. Avda. del Ebro s/n – 26540 Alfaro (La Rioja) – España). Les autres viennent de la Tonnellerie Bouyoud, (Route Nationale 92 – 38160 Saint Sauveur, FRANCE). Créée en 1905, depuis plus de 4 générations, elle est intégrée depuis 1996 dans le Groupe François Frères ; de nos jours, elle répare plus qu’elle ne produit.
Pour éliminer les dépôts divers, tels que le tanin, après stockage, les liqueurs sont filtrées par forçage sous pression à travers une multitude de fines plaques de coton. Puis elles sont mises en bouteille.
Comme la plupart des opérations, la finition – bouchonnage, cirage, étiquetage – est faite manuellement.

La distillerie Meunier est une entreprise artisanale ; sur ses 13 salariés, 5 personnes dont Éric le Maître Distillateur, assurent une production d’environ 320 000 bouteilles à l’année (1000 à 3000 bouteilles par jour) de tous produits et toutes gammes confondus. Les produits sont écoulés surtout en région, dans les stations d’altitude en particulier.

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23 Novembre 2017 Visite des Jardins de l’Innovation sur le site d’Orange Labs à Meylan

Espace M2M

Orange Labs, dont l’activité a débuté en 1991, abrite désormais les Jardins de l’Innovation, 28 av du Vieux Chêne à Meylan (Inovallée). Orange Labs est installé dans les bâtiments précédemment occupés par le Centre de Microélectronique du Centre National d’Etudes des Télécommunications (CNET). Cet ensemble, construit en 1979-80 et alors baptisé le Centre Norbert Ségard, la disposition des bâtiments figure un cristal de silicium.
Nous avons été accueillis par Elise Moussy qui, avec ses collaborateurs, avait préparé une conférence particulièrement bien illustrée, accompagnée de démonstrations à l’appui des matériels innovants réalisés sur le site.
En préalable, la projection d’un film sur l’histoire de France-Télécom- Orange, a permis de prendre connaissance de l’évolution de l’entreprise.
Nous avons ensuite découvert successivement :
-l’Internet des objets, au travers de la démonstration « Pop’s », petit module qui, par le web, met en relation les personnes avec les objets ou les objets entre eux. Il s’agit d’objets du quotidien mais également de machines et d’applications professionnelles : bracelet de suivi d’activité physique, compteur électrique, balance dans une salle de bain, voiture, thermostat d’une maison… Ces divers objets, dotés de puces électroniques et de connectivité, sont désormais en mesure de communiquer des données en temps réel.
– Le réseau LoRa et notamment :
Le Big Data permet la gestion de services à partir de la géolocalisation ou du comptage d’objets ou de personnes : location de véhicules en libre-service, disponibilités sur parking, gestion de flux pour le bâtiment…, de mesures de niveaux : vidange de containers d’ordures ménagère, salage de voies piétonnes…
Les Gestes d’Orange. Application Smartphone (Brevet unique) qui illustre comment l’intelligence technologique est mise au service des utilisateurs Orange : raccourcis gestuels dont plusieurs participants ont testé l’application en dessinant d’un doigt une lettre sur un écran de smartphone.

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