25 janvier 2016 Stephane REVEL

4 novembre 2015, à Grenoble, parcours à travers des vestiges immobiliers de la ganterie

Sous la conduite d’Yves Jocteur-Montrozier, 18 participants parcourent les rues des quartiers Championnet, Aigle et Berriat, à Grenoble, à la découverte de vestiges immobiliers de la ganterie.

La ganterie, active dans la région depuis des siècles, devient une industrie à la fin du XVIIIe siècle ; elle connait près de cent ans d’âge d’or entre 1850-1950 et une renommée
internationale. A Grenoble, les gantiers d’abord installés dans le quartier Saint Laurent et au centre de la ville ancienne, investissent progressivement les quartiers nés de l’extension de la ville : la Mutualité, rue Lesdiguières, l’Aigle, jusqu’à la rue Nicolas Chorier, la place Saint Bruno, le cours Berriat etc…Le patrimoine urbain qu’ils constituent reflète l’évolution de leur industrie et aussi celle des techniques de construction ; il ne donne pourtant pas toute la mesure de l’industrie gantière de l’époque dont une partie de la production provenait du travail à domicile.

Le début du périple commence dans le quartier actuellement situé entre le Cours Jean Jaurès et la caserne de Bonne. Là, des immeubles bourgeois à caractère anonyme construits au début du XXe abritaient alors de petits ateliers. On les repère à leurs grandes fenêtres qui éclairaient le travail des ouvrières, à leur grande porte, souvent ornée d’un emblème Ganterie_rue Augereau_bd. Parfois, la porte donne sur une cour intérieure qui révèle les ailes du bâtiment ; c’est le cas de la ganterie Alexandrine.
Au passage, l’Hôtel particulier de la famille Perrin, à l’angle des rues Turenne et Allard, fait admirer son style Belle époque et ses moulures en ciment moulé.

Gagnons la zone située à l’Ouest du Cours Jean Jaurès pour y découvrir les vestiges de grandes manufactures implantées à partir du tournant du XXe siècle. Pour certaines, leurs ateliers couvraient de vastes espaces ; aujourd’hui, elles se repèrent par leur siège administratif, devenu immeuble d’habitation – tel celui de la ganterie Perrin – ou par la haute cheminée, judicieusement conservée, de la ganterie Terray. D’autres manufactures se cachaient dans de vastes bâtiments dont l’architecture de prestige signe la notoriété de la maison : Fischl, Vallier… Ganterie Fischl_bd Ganterie Perrin-ASP2G Ganterie Vallier_bd et qui sont maintenant divisés en appartements individuels. Les rues qui les entourent portent le nom de villes – New-York, Boston, Londres, Paris… – où ces ganteries avaient des magasins. Le style art déco de plusieurs des petits immeubles qui les bordent attire l’œil du passant mais sait-il que ces habitations furent construites pour héberger des familles du personnel de ces gantiers ?

Vous qui passiez sans le voir, vous avez ainsi découvert un patrimoine remarquable par son esthétique et par l’histoire industrielle qu’il illustre. Un patrimoine bien mis en valeur par l’Association de Sauvegarde et de Promotion du Gant de Grenoble.